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Vers une nouvelle politique de défense et de sécurité pour le Sénégal (2ième Partie).

Posté par: Abd El Kader Niang| Vendredi 04 avril, 2014 22:29  | Consulté 1542 fois  |  3 Réactions  |   

Une feuille de route conçue à cet effet et calquée sur le modèle américain (Quadrennial Defense Review, National Security Strategy etc.) se chargera de définir à intervalle régulière les objectifs à atteindre et les moyens à mettre en œuvre pour arriver à cette fin.

Il sera donc question de renforcer la présence des forces armées sénégalaises dans la partie méridionale du territoire pour y assurer la sécurité  des personnes et des biens.

Il est fort souhaitable de mettre en œuvre à court terme une stratégie visant un changement de régime en Gambie dans le sens de l’intérêt du Sénégal. Le départ de  Yahya Jammeh du pouvoir relève d’une impérieuse nécessité. Vu que le dictateur gambien ne tolère pas l’instauration d’un processus démocratique en Gambie, il s’avère donc être nécessaire de faire recours à la coercition militaire pour renverser l’actuel régime. Pour cela il est aussi indispensable de créer via les mass media et les réseaux sociaux un sentiment pro-sénégalais au sein de la population gambienne.

L’erreur historique du Sénégal dans sa politique étrangère et de sécurité vis-à-vis de la Gambie a été de rester neutre et inactif lors du coup d’état du lieutenant Yahya Jammeh survenu en juillet 1994. Il aurait été plus judicieux à l’époque d’organiser une intervention militaire directe pour rétablir la démocratie et l’ordre constitutionnel en Gambie. Les observateurs attentifs du conflit armé dans la partie sud du Sénégal sauront sans nul doute constater que la rébellion du MFDC a gagné en intensité avec l’accession de Yahya Jammeh au pouvoir. Il a été à mainte reprise établi que la chaîne d’approvisionnement en armes au profit de l’aile combattante du MFDC transite par la Gambie. Cette contrebande en armes et munitions ne peut se faire à l’insu des autorités gambiennes. Il y a donc forcément une connivence voire une incitation manifeste au séparatisme et à l’insurrection de la part du régime de Banjul.

L’État du Sénégal devra, à la faveur d’un changement de régime en Gambie, négocier et obtenir de la part des autorités gambiennes la création d’au moins deux bases militaires sur le sol gambien. La première base se situera à Banjul même et servira de force auxiliaire ayant pour mission principale d’appuyer les unités gambiennes chargées d’assurer la sûreté de l’État gambien et de la protection des hautes personnalités gambiennes.

La deuxième base sera quant à elle implantée en zone frontalière sud de la Gambie avec le Sénégal et aura pour mission d’assurer la sécurité de la partie sud du Sénégal depuis la Gambie.

La même logique de sécurité et de défense extraterritoriale devra être appliquée en Guinée-Bissau. Ce qui veut dire qu’il y aura au moins deux bases militaires sénégalaises sur le sol bissau-guinéen, une à Bissau pour appuyer les forces de sécurité bissau-guinéennes chargées d’assurer la protection de l’État bissau-guinéen et une autre en zone frontalière sud de la Guinée-Bissau avec le Sénégal et qui aura pour mission d’assurer la sécurité de la partie sud du Sénégal depuis la Guinée-Bissau.

La construction d’un axe ferroviaire Dakar-Thiès-Kaolack-Banjul-Ziguinchor aidera à désenclaver le sud du Sénégal. Ce désenclavement aura pour conséquence le développement économique de la région naturelle de la Casamance et l’enrayage du séparatisme. Il sera ainsi plus facile et commode de faire de la Casamance un pôle de développement économique et social,  par conséquent un foyer d’attraction humaine. Le gouvernement devra dans cette optique allouer des fonds considérables pour le développement des infrastructures routières, autoroutières, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires dans la région naturelle de Casamance. Toutes les villes du sud devront être reliées les unes aux autres par des moyens de transport et de communication conséquents, accessibles aux populations et fonctionnels en permanence. Ceci favorisera la facilité du trafic des personnes et des marchandises à l’intérieur même de la Casamance et parfera le désenclavement de la partie méridionale du Sénégal (cf. http://abdelkaderniang.seneweb.com/la-solution-a-la-crise-casamancaise-n-rsquo-est-pas-exclusivement-militaire-une-bonne-politique-de-decentralisation-d-rsquo_b_29.html)

 

Dans un contexte de menace terroriste, de forte mobilité des personnes et de chute des frontières, il s’avère être utile et nécessaire de créer un corps de garde frontières chargé d’assurer la sécurité des frontières terrestres et aéroportuaires du Sénégal et de garantir leur aspect hermétique en cas de menace sécuritaire ou d’épidémie. Ledit corps dépendra du ministère de l’intérieur.

La Police Nationale devra être érigée en corps militaire dans toutes ses composantes. A l’instar de l’Armée de Terre, elle disposera elle aussi d’une compagnie d’instruction, d’une école de sous-officiers et d’une école d’officiers.

Les renseignements généraux et la direction de la surveillance du territoire seront fusionnés pour donner naissance à une direction centrale du renseignement intérieur.

L’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants devra être réformé et restructuré pour donner naissance à un organe interarme. Donc il comprendra alors en son sein une composante issue de la police judiciaire, une autre qui sera détachée de la gendarmerie et enfin une dernière entité qui est en fait un démembrement de l’administration des douanes. La composante douanière sera chargée de la lutte contre l’introduction et l’exfiltration de produits stupéfiants au niveau des frontières terrestres, portuaires et aéroportuaires du Sénégal. La composante gendarme se chargera de la lutte contre la consommation, la détention, le trafic et la fabrication de produits stupéfiants en milieu rural. La composante policière de l’OCTRIS se chargera quant à elle de la lutte contre la consommation, la détention, le trafic et la fabrication de produits stupéfiants en milieu urbain et périurbain.

Le présent concept réitère la nécessité de scinder la Marine Nationale en deux entités distinctes  à savoir une Marine de guerre et un corps de garde-côtes.    

Le corps des gardes-côtes sera chargé d’assurer les missions suivantes :

·        Police aux frontières en zone maritime et fluviale

·        Police anti-drogue en zone maritime et fluviale

·        Protection des ressources halieutiques et de l’écosystème fluviomaritime

·        Protection civile en zone fluviale et maritime

·        Lutte contre les marées noires et incidents similaires

·        Lutte contre les feux et incendies dans les vaisseaux navals civils et militaires et dans les enceintes portuaires.

Le corps des gardes-côtes dépendra du ministère de l’intérieur.

 

Vu l’émergence de nouveaux acteurs politiques et économiques, peu soucieux du respect de l’environnement et de la protection de la nature, sur le continent africain, il incombe alors à l’État du Sénégal de se doter de moyens efficaces pour la lutte contre la prédation de nos ressources naturelles et contre la destruction de notre environnement. De ce fait la protection de l’environnement et de la nature doit faire partie intégrante de la nouvelle politique de sécurité et de défense du Sénégal. Et considérant le lien entre l’écologie et la santé publique, il est concevable de fusionner le service d’hygiène et le corps des écogardes pour plus d’efficience.

 

La Brigade Nationale des Sapeurs-Pompiers en tant que corps d’arme à part entière devra être scindée en deux composantes :

·        Un service médical et paramédical composé de médecins, pharmaciens et infirmiers.

·        Un corps spécialisé dans la protection civile (lutte contre les feux, les incendies et gestion des catastrophes naturels).

Le ministère de l’intérieur devra s’apesentir sur l’opportunité de créer un corps de réserve chez les sapeurs-pompiers et voire une structure civile auxiliaire qui aura pour vocation principale à assister les sapeurs-pompiers militaires en termes de nombre en cas de force majeure.

 

Abd El Kader Niang

Diplômé de Sciences Politiques   

 

 

 

 

  

 

 L'auteur  Abd El Kader Niang
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Anonyme En Avril, 2014 (04:51 AM) 0 FansN°:1
Merci copain .... analyse assez détaillée et bien structurée
Anonyme En Avril, 2014 (16:20 PM) 0 FansN°:2
Mettre en œuvre une stratégie de changement de régime en Gambie pourrait nuire considérable aux avancées dans la paix en Casamance et il y a des avancées que me font dire que la Paix est à portée de main. D’ailleurs, cette solution de changement de régime a été utilisée par Wade en vain. Il a échoué dans sa tentative de coup d’Etat et je ne vois pas le Sénégal attaqué un pays souverain pour la paix en Casamance, si c’était le cas, nous l’aurions fait depuis belles lurettes. Vous n’êtes pas sans savoir que les Etats n’ont pas d’amis mais des intérêts. Le coup d’Etat de Yaya Jammeh a été parrainé par les autorités de l’époque après des notes de nos services stipulant que Jammeh est un produit sénégalais, demandant notre bénédiction et notre coopération dans tous les domaines. C’est pourquoi lors du coup d’Etat, le Sénégal a laissé faire car croyant que ce nouveau régime lui sera favorable. Les relations avec Dwanda Jawara s’était effritées après plusieurs incidents notamment la dislocation de la sénégambie.
Pour preuve que les autorités sénégalaises étaient en phase avec Banjul, l’armée gambienne a été formée par les officiers sénégalais.
C’est bien sur une erreur historique ou bien dirais-je un beau camouflet de Jammeh qui a su gagner sa légitimité en utilisant le dossier casamançais. Pour la base militaire, on peut reprendre la base du bataillon confédérale occupée par les sénégalais...
Anonyme En Avril, 2014 (16:21 PM) 0 FansN°:3
Mettre en œuvre une stratégie de changement de régime en Gambie pourrait nuire considérable aux avancées dans la paix en Casamance et il y a des avancées que me font dire que la Paix est à portée de main. D’ailleurs, cette solution de changement de régime a été utilisée par Wade en vain. Il a échoué dans sa tentative de coup d’Etat et je ne vois pas le Sénégal attaqué un pays souverain pour la paix en Casamance, si c’était le cas, nous l’aurions fait depuis belles lurettes. Vous n’êtes pas sans savoir que les Etats n’ont pas d’amis mais des intérêts. Le coup d’Etat de Yaya Jammeh a été parrainé par les autorités de l’époque après des notes de nos services stipulant que Jammeh est un produit sénégalais, demandant notre bénédiction et notre coopération dans tous les domaines. C’est pourquoi lors du coup d’Etat, le Sénégal a laissé faire car croyant que ce nouveau régime lui sera favorable. Les relations avec Dwanda Jawara s’était effritées après plusieurs incidents notamment la dislocation de la sénégambie.
Pour preuve que les autorités sénégalaises étaient en phase avec Banjul, l’armée gambienne a été formée par les officiers sénégalais.
C’est bien sur une erreur historique ou bien dirais-je un beau camouflet de Jammeh qui a su gagner sa légitimité en utilisant le dossier casamançais. Pour la base militaire, on peut reprendre la base du bataillon confédérale occupée par les sénégalais...

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Abd El Kader Niang
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