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La solution à la crise casamançaise n’est pas exclusivement militaire: Une bonne politique de décentralisation, d’investissement et de désenclavement peut ramener la paix, la sécurité et le développement définitivement dans la région naturelle de Casamanc

Posté par: Abd El Kader Niang| Mardi 14 mai, 2013 22:45  | Consulté 1214 fois  |  1 Réactions  |   

Est-il politiquement correct et moralement acceptable pour le Gouvernement de la République du Sénégal que de négocier avec les rebelles du « Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance » ? Peut-on faire confiance à une association de malfaiteurs qui n’a pas pour seul objectif que de se faire de l’argent sur les dos du contribuable sénégalais en terrorisant les citoyens honnêtes qui en vivent en Casamance ? L’État du Sénégal doit-il se complaire avec un syndicat du crime organisé qui a du sang sur les mains ? Et ce sang là, c’est celui de nos valeureux soldats tombés sur le champ d’honneur, morts pour la Patrie une et indivisible. Ce sang, c’est aussi celui d’innocents citoyens otages d’une horde d’assassins sans scrupules.

A ce qu’il paraît-il le chef de l’État, Mr Macky Sall, aurait secrètement rencontré le chef rebelle Salif Sadio ! Si tel est le cas, ce serait alors une grave incorrection dans sa stratégie de communication politique et une grotesque erreur d’appréciation dans son option sécuritaire. Dans la mesure où, d’une part il donnerait donc à Salif Sadio un semblant de poids politique, ce qu’il ne mérite pas et ce qui serait de surcroît une démarche de nature à conférer une certaine légitimité au MFDC. D’autre part les autres chefs rebelles des factions dissidentes du MFDC se sentiraient alors dans la nécessité d’ordonner des attaques sur le terrain afin d’attirer l’attention du gouvernement sur eux. On en viendrait alors à une démultiplication des factions rivales, qui toutes n’auront qu’un seul objectif, à savoir bénéficier des bienfaisances du gouvernement. Ceci aurait alors pour conséquence une monétisation du conflit. C'est-à-dire que chaque individu malintentionné peut s’armer et créer un groupuscule autour de lui, se réclamer de telle ou de telle faction, semer la terreur dans une région déjà meurtrie par trois décennies de guéguerre et s’attirer les bonnes grâces du gouvernement. Et d’ailleurs ce n’est pas un hasard que l’enlèvement des 12 mineurs sénégalais de la société sud-africaine de déminage Mechem soit l’œuvre des hommes de César Attoute  Badiate, le frère ennemi de Salif Sadio. Et si demain le gouvernement devait faire l’erreur de rencontrer publiquement ou « en toute discrétion » César Attoute Badiate, ce sera alors très prochainement au tour d’Ousmane Niantang Diatta de se faire entendre dans le maquis. C’est pour ainsi dire que le MFDC n’existe plus en tant que structure dotée une direction politique unitaire et cohérente avec sous ses ordres une branche armée disciplinée et respectueuse de sa tutelle politique. Le mouvement s’est en fait fragmenté en une demi-douzaine de factions rivales et le semblant d’idéologie indépendantiste qui l’animait à ses débuts s’est perverti avec l’usure pour donner naissance à quelque chose qu’il conviendrait de décrire comme une volonté manifeste de faire du séparatisme casamançais une activité criminelle lucrative. La levée du mandat d’arrêt international à l’encontre de Salif Sadio est une erreur, dans la mesure où le Sénégal a besoin de placer au-dessus de chefs rebelles une épée de Damoclès, afin de les dissuader de fouler le sol sénégalais et ainsi les maintenir loin de leurs attaches.

L’implication directe du chef d’un état voyou à savoir « Son Excellence Cheikh Professeur Al Hadji Docteur Yahya Abdul-Aziz Jamus Junkun Jammeh » et d’un état narcotrafiquant en faillite, allusion est faite à la Guinée-Bissau, dans le règlement du conflit n’a au fait que contribué à donner à la crise casamançaise une dimension sous-régionale et donc a rendu le problème plus complexe à résoudre de manière interne. Ce qui semble conférer au despote gambien une certaine légitimité au point de vue diplomatique, vu qu’il se déclare prêt à offrir à tout moment « ses bons offices » pour faire avancer les négociations entre le gouvernement sénégalais et le MFDC.

Seulement force est de reconnaître que depuis l’accession de Yahya Jammeh au pouvoir en Gambie en 1994, la rébellion casamançaise n’a cessé de gagner en intensité. Et le fait que certains cadres du MFDC sont résidents permanents en Gambie est plus que suspect. En guise de rappel en l’an 2006 les assises du MFDC en se sont tenues à Banjul. Quatre ans plus tard les douanes nigérianes ont arraisonné des cargaisons d’armes et de munitions iraniennes qui devaient transiter par la Gambie pour en fin de compte être livrées aux combattants du MFDC. Ce qui nous a valu une crise diplomate sans précédent avec Téhéran.  

Je refuse de croire que la solution à la crise casamançaise est exclusivement militaire. Mais en plus des politiques d’investissements et de désenclavement proposées dans la première partie de cette contribution, il faudrait redéfinir la politique sécuritaire de l’État dans la partie méridionale du Sénégal.

 

Abd El Kader Niang

Analyste politique

 L'auteur  Abd El Kader Niang
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AbdElKaderNiang En Mai, 2013 (22:50 PM) 0 FansN°:1
Je m'excuse auprès de mes lecteurs et lectrices, les paramètres de configuration ne permettent pas de lire le titre de l'article tel que libellé en intégralité. Au fait le titre de l'article est comme suit:
La solution à la crise casamançaise n’est pas exclusivement militaire: Une bonne politique de décentralisation, d’investissement et de désenclavement peut ramener la paix, la sécurité et le développement définitivement dans la région naturelle de Casamance (2ème Partie).

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Abd El Kader Niang
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